Un blog lycéen

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  • : Ce blog créé par des lycéens de Première L au lycée Quinet de Bourg-en-Bresse est consacré au roman "Paso Doble" de Giuseppe Culicchia, auteur invité aux Assises Internationales du Roman à Lyon en mai 2007.
  • : 08/02/2007

Vendredi 25 mai 2007

Nous avons eu la chance de correspondre par email avec Giuseppe Culicchia. Voici ses réponses aux questions que nous lui avons posées: il nous a d'ailleurs répondu en français!

Par Myriam Gallot - Publié dans : Entretien avec G. Culicchia
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Vendredi 25 mai 2007

Walter devient exactement ce qu’il détestait au début. Pensez-vous qu’on ne puisse pas échapper à la société de consommation ?  

 Bien, je ne crois pas qu'on ne puisse pas échapper à la société de consommation; certainement, il faut être bien fort pour y réussir, et Walter n'a pas cette force. Il a essayé, il a meme rejoint Tatjana en Finlande, mais là aussi il y avait la télé: notre monde est si petit, enfin. J'aimerais que mes lecteurs détestent Walter à la fin du roman, car il cesse de se battre, et ça n'est pas bien du tout.  

 Pouvez-vous nous dire pourquoi vous avez intitulé ce roman « Paso Doble » ? Comment avez-vous trouvé ce titre ?  

Le Paso Doble c'est une danse, Walter, dans ce roman (qui est le deuxième pour lui: ses adventures commençaient dans "Patatras", et voilà le "Doble", c'est à dire la seconde chance), Walter je disais en ce roman va faire la dernière danse de sa jeunesse. Après cette danse, même s'il a 28 ans à peu près, il est déjà vieux.   

Vous développez une vision plutôt pessimiste de l’avenir des  jeunes, notamment dans le monde du travail. Pensez-vous vraiment que le  travail est synonyme d’asservissement ?

Oui, de plus en plus. En général nous voyons dans les Pays européens et aux Etas Unis une croissante exploitation (moins de droits, moins d'argent, moins de sûrete sociale, plus des risques, plus de "mobilité"), et dans les Pays asiatiques il y a quelque chose très proche à l'esclavage. Heureusement en France les jeunes ont réussi à bloquer les nouveautée très liberales qu'on voulait introduire dans le marché du travail, mais c'est une exception. 

 

Votre roman Paso Doble est-il totalement fictif ou inspiré de votre propre vie ? Nous avons l’impression que Walter n’est pas totalement imaginaire…  

Il y avait un écrivain français, il disait: "Madame Bovary? C'est moi!". Bien, je ne suis pas Walter (heureusement) mais bien sûr dans Walter il y a quelque chose que j'ai vu ou écouté ou vécu (pas Tatjana, malheureusement).

 

 

 

Par Myriam Gallot - Publié dans : Entretien avec G. Culicchia
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Vendredi 25 mai 2007

Vous utilisez un langage très cru, y compris pour parler de sexualité, qui nous a parfois interloqués. Pourquoi ? Ne craignez-vous  pas de choquer vos lecteurs ?

Non, mes lecteurs connaissent très bien ces mots, ce n'est pas un vrai choc pour eux. La question quand on écrit un roman c'est qu'il faut faire parler les personnages de la même façon que les gens de leur milieu et de leur âge: Walter parle comme ça dans le roman parce qu'il parlerait comme ça s'il était vivant. Moi je suis un garçon, pardon, un homme trés bien et je ne parle pas comme ça, naturellement. 

Vous travaillez les effets de boucle et de répétition dans Paso Doble et Le pays des merveilles. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ? 

C'est une chose avant tout technique: la répétition est comique. Mais j'avais envie aussi de rendre l'idée de la répétitivité de l'existence humaine.   

Quels écrivains vous ont marqué ? Votre écriture en est-elle influencée ? Comment êtes-vous arrivé à trouver votre style particulier, dont l’originalité nous a frappés ?

Les Américains: Hemingway, Fitzgerald, Carver, Bukovski, Ellis. Mais j'ai beaucoup travaillé pour former mon propre style. J'ai écrit pendant presque dix ans sans aucun résultat. A un certain point j'étais découragé et j'avais arrêté. Puis je suis allé pour quelques temps à Londres et j'ai recommencé. J'ai beaucoup travaillé sur les dialogues: je cherche toujours à utiliser la langue parlée. Et puis je travaille beaucoup sur le rythme.  

Pourquoi fragmentez-vous vos romans en courts chapitres ?

Parce que notre vies sont fragmentées, peut étre. Mais aussi parce que ça fait partie de mon style.

Par Myriam Gallot - Publié dans : Entretien avec G. Culicchia
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Vendredi 25 mai 2007

Comment écrivez-vous ? Avez-vous une idée précise de ce que vous voulez raconter avant de commencer ou laissez-vous une part d’improvisation ? Combien de temps cela vous a-t-il pris d’écrire Paso Doble ?    

J'écris le matin et la plupart de l'aprés-midi sur mon ordinateur, un Mac. Mais j'ai écrit mes premiers quatre ou cinq romans avec une vieille machine à écrire, une Remington. Je cherche à avoir les idées les plus claires sur ce qui va se passer mais il y a quand même beaucoup d'improvisation. Le jour aprés je lis ce que j'ai écrit et je fais pas mal de corrections. Pour Paso Doble je ne me rappelle plus combien de temps, peut-être un an et demi. 

  Comment votre travail de romancier a-t-il évolué depuis Paso Doble ? 

 J'ai écrit sept ou huit autres titres et je suis en train d'écrire mon nouveau roman et j'ai découvert qu'écrire le premier roman est moins compliqué qu'écrire les suivants, mais cela dit je me sens très bien, merci. 

 

 

 

 

Par Myriam Gallot - Publié dans : Entretien avec G. Culicchia
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Jeudi 24 mai 2007

Merci d’avoir répondu aussi rapidement à notre premier email, et excusez-nous du temps que nous avons mis pour vous renvoyer celui-ci. 

 

Tout d’abord, nous voudrions savoir si vous avez toujours été écrivain, ou si vous avez d’abord été employé. D’ailleurs, nous ne savons même pas si l’écriture vous permet de vivre ? Vous nous avez dit dans l’email que vous aviez écrit 10 ans sans résultats, mais que faisiez-vous dans ce cas là ?  

 

BIEN, QUAND J'ECRIVAIS SANS RESULTAT JE TRAVAiLLAIS DAND UNE LIBRAIRIE. J'Y AI TRAVAILLE PENDANT 8 ANS, ET JE L'AI QUITEE APRES LA PUBLICATION DU TROISIEME ROMAN CAR JE N'AVAIS VRAIMENT PLUS LE TEMPS POUR FAIRE AUTRE CHOSE. L'ECRITURE ACTUELLEMENT ME PERMET DE VIVRE , GRACE AUSSI A MA COLLABORATION AVEC LE QUOTIDIEN "LA STAMPA".  

 

Une autre question que se sont posée plusieurs personnes : pourquoi Walter se force-t-il à penser à autre chose lorsqu’il fait l’amour ? Bien que sa vie ne soit pas très romantique, c’est une façon de faire un peu particulière pour un jeune homme.  

 

CE N'EST PAS QU'IL SE FORCE, C'EST QU'IL LUI ARRIVE DE PENSER CES CHOSES LA, LE PAUVRE GARçON  

 

Pour  finir, vous dîtes que vous utilisez l’humour comme une arme, mais dans Patatras vous en faîtes beaucoup moins usage. Bien qu’il soit aussi cynique que Paso Doble, on retrouve moins les remarques drôles de Paso Doble, et cela le rend vraiment déprimant. Nous avons trouvé ces deux romans très ressemblants (Walter, fragmentation en petits chapitres), sauf sur ce point précis, et cela nous a étonnés. 

 

J'AI TOUJOURs PENSE QUE PATATRAS ETAIT PLUS AMUSANT QUE PASO DOBLE ET AUSSI MIEUX DU POINT DE VUE DE L'HISTOIRE... PASO DOBLE JE NE L'ECRIRAIs PAS COMME çA, AUJOUR D'HUI...

Merci beaucoup. MERCI A VOUS! ET A BIENTOT! GC  

 

Anne-Laure Doidy, Lucas Delbart, Djanito Felix, Florian Mayer et Valentin Veillet

Par Myriam Gallot - Publié dans : Entretien avec G. Culicchia
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